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PIB France 2010 • 1 931 384 Mds €| Au Japon, Fillon brise le tabou du mot « rigueur » |
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Paradis Fiscal - La visite éclair du Premier ministre à Tokyo était destinée à défendre l'euro et redonner confiance aux investisseurs japonais. Au final, on retiendra une phrase, anodine, mais révélatrice. C'est une petite phrase qui a fait couler beaucoup d'encre. À dix mille kilomètres de la France, François Fillon, peut-être sous le coup du décalage horaire, a prononcé le mot tabou par excellence : « rigueur ». Ce qui devait être une visite officielle convenue devient tout de suite plus intéressant. Devant un parterre d'hommes d'affaires français et japonais venus l'écouter sur les bienfaits de la discipline budgétaire, François Fillon lance : « De tous les budgets de l'État, le seul qui n'est pas soumis à la rigueur, c'est le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche. »
La salle, un peu endormie en cette heure matinale, ne réagit pas. Mais les journalistes français, qui accompagnent le Premier ministre, ont déjà repéré la formule qui va faire sensation. Plus tard, c'est la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, qui assène que la France ne recèle pas de « déficits cachés ». Une formule répétée trois fois en moins de trente secondes, comme pour mieux convaincre une assistance toujours méfiante. Il faut dire que la crise grecque a marqué les esprits au Japon. Échaudés par les frasques comptables d'Athènes, bon nombre d'investisseurs nippons se sont récemment délestés de leurs obligations européennes. À leurs yeux, les autres membres de la zone euro deviennent tout aussi suspects que la Grèce. Et personne ne veut s'exposer à un défaut de paiement du Portugal ou de l'Espagne. Mais François Fillon est là pour redorer le blason de la monnaie unique. « Personne en Europe ne songe à un retour en arrière sur l'euro », dit-il, ajoutant que « la crise grecque n'est pas une crise de l'euro, mais une crise de la dette souveraine » en passe d'être résolue. Au passage, il vante les mérites du ferroviaire ou du nucléaire français pas encore suffisamment présents au Japon à son goût, alors que la France, elle, accueille 400 entreprises japonaises, parmi lesquelles Toyota, Sony ou Toshiba. Jean Arthuis (Alliance centriste), président de la Commission des finances du Sénat. « Nous sommes à la fin de l'illusionnisme collectif, la fin du double langage (...). Je crois que cela va rassurer les Français, car quand on leur raconte des histoires, c'est très anxiogène. Gérard Longuet, chef de file des sénateurs UMP. « François Fillon a raison d'utiliser un mot qui rassure les marchés et qui ne change rien sur le contenu. » Source : Ouest France 17/07/2010
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